mère ayant accouchée sous X sous la contrainte

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mère ayant accouchée sous X sous la contrainte

Message  didi le Sam 16 Oct - 16:12

Bonjour,

J’ai accouchée sous X par la volonté de ma famille. On a beau me dire « tu pouvais faire ton choix», je réponds «c’était pas possible, j’étais prise dans un étau à cette époque».

En dehors de la famille qui souvent peut mettre de la pression sur une jeune fille enceinte, il y a aussi le rôle des services sociaux. Pour ma part, je parlerai de la DASS, car c’est à cet organisme que j’ai été confronté.

Quand vous arrivez à la DASS en prétendant que vous voulez faire adopter votre enfant et accouché sous X, ils vous reçoivent les bras ouverts. Ils vous passent rapidement les possibilités de le garder avec vous (car ce n’est pas de leur intérêt qu’une mère garde son enfant) et vous présentent avec joie le plan B « l’accouchement sous X ».

C’est plus qu’un organisme social, c’est une société de gestion d’enfant.

Je me souviens encore de ce RDV que j’ai eu avec la responsable du service d’adoption. Une dame ignoble qui ne connait pas votre histoire, mais qui commence par vous faire des réflexions sur le fait que la pilule et les préservatifs existent.

Puis, entame sur les choses sérieuses : l’abandon de votre enfant.

Si vous êtes typée, étrangère, vous avez encore plus de chance que l’on vous consacre du temps pour vous expliquer comment abandonner votre enfant.

Donc, cette responsable du service d’adoption vous dit avec un grand sourire « vous savez, vous faites le plus beau geste qu’une maman peut accomplir en donnant son enfant à ceux qui n’ont n’en pas. C’est un acte d’amour, un cadeau que vous faites à ces familles. Il faut savoir que ces enfants sont ensuite très bien élevés, sont épanouis au sein de leur famille adoptive, sont chéris, etc……. ».

Personne ni avant, ni après l’accouchement ne m’a informé que mon enfant ne pourra pas me retrouver sans mon identité, j’ai su plusieurs mois plus tard par pur hasard, que je pouvais laisser des courriers dans son dossier à la DASS et donner enfin mon identité.


Pendant l’accouchement, on mets sous une enveloppe son identité et je pensais que cette enveloppe serait retransmis à mon enfant.


Pendant le restant de ma grossesse, j’étais suivi par une sage femme « débile », si je peux m’exprimer de la sorte. Qui jamais ne voyait la souffrance dans mon regard et qui n’arrêtait pas de me dire « tu es jeune, tu en auras d’autres, il faut faire le deuil de votre enfant ». Accoucher sous X paraissait à ses yeux, un acte bénin tout simplement !

Comme on n’a pas d’identité, on choisit un prénom qui nous suit jusqu’à l’accouchement.

Le jour de mon accouchement, on m’a mise dans une chambre toute seule, toujours cette sage femme débile qui m’accompagnait et me faisait faire les cent pas dans le couloir parce que mon fils ne voulait pas sortir . A la dernière minute, comme le personnel hospitalier a vu que le sang montait à ma tête, ils ont commencé à se réveiller et à me faire une césarienne. De 7H00 du matin jusqu’à 17H00 le soir, je n’ai pas dit un mot, je n’ai jamais crié lors des contractions, ma bouche restait fermée, je n’arrivais pas à extérioriser toute ma douleur physique et morale.

J’ai failli mourir sur la table d’opération et la seule chose que j’avais à l’idée c’est de mourir et de laisser mon enfant naitre. S’il fallait faire un choix, j’aurais demandé que mon enfant vive mais pas moi.

J’ai accouchée d’un beau bébé, le bébé de mon cœur. Comme tous nos gestes et paroles sont surveillées, je devais demander l’autorisation de l’infirmière pour voir mon enfant, mais très vite, on m’a fait comprendre qu’il ne fallait pas trop s’attacher à l’enfant et éviter de l’avoir avec moi, car il serait traumatisé par la suite !!!. Donc, j’ai du le voir peut être 2 fois lors de mon séjour à l’hôpital.

Concernant le personnel hospitalier, j’étais considéré comme la fille qui se débarrasse de son enfant. Etant interdit de lui donner mon sein, les autres le nourrissait, mais très mal, et il criait tout le temps, je l’entendais de ma chambre. Quand je le prenais dans mes bras, il faisait des mouvements avec sa bouche pour me montrer qu’il avait faim, mais moi je ne pouvais rien faire……….c’était atroce.

Le dernier jour que je l’ai vu, on me l’a emmené dans son berceau, il avait vomi et il l’on laissé dormir dans son vomi. Je ne pouvais pas me lever à cause des douleurs de la césarienne, mais j’ai fais un effort, pour aller jusqu’aux toilettes de ma chambre pour le nettoyer.


Puis en fin de séjour, la sage femme est venu avec le papier pour l’abandon pour que je lui dicte ce qu’il fallait écrire concernant mon enfant et une copie m’a été remise et je l’ai jusqu’à ce jour.


Puis, le jour vient, où il faut bien quitter l’hôpital sans son enfant avec soi, c’est là que j’ai commencé à comprendre ce qui m’arrivait vraiment. Je marchais dans la rue, mais j’étais amputé d’une chose, mon enfant. Ce sentiment ne m’a jamais quitté, même avec les retrouvailles de mon enfant récemment.

Puis, il faut apprendre après à survivre sans son enfant, sans des nouvelles de lui, savoir s’il vit, s’il se porte bien, s’il est heureux dans sa famille adoptive, etc……………C’est encore une très longue histoire, un calvaire de plusieurs années.

Didi

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